Voyage en miroirs

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état de poésie

stramatakis photographe et voyageur

Actuel, Renaissance d’un livre

Lausanne, août 2020, puis mars 2026
stramatakis

introduction

Tout a débuté le 24 avril 2020, crash au milieu de la nuit à domicile, embolie pulmonaire fulgurante, détresse respiratoire, cœur et reins à la dérive, ambulances à double dont l’une réservée à la docteure qui, arrivée après ma dernière goutte d’air m’a permis de respirer, de vivre. Puis intubé rapidement pour une quinzaine de jours.

C’est l’histoire certainement d’un vrai faux Covid dixit mon généraliste plus tard, faux Covid pas reconnu à l’époque, début de la pandémie !

Interdit, tout était interdit, ne pas bouger, sonner oui, j’observais, écoutais la nuit, éveillé souvent, pris dans mon film. Ce fil en m’endormant se tissait nuit après nuit de séquences et plans précis. Un vrai film extraordinaire avec un début et une fin.

Ces urgences vitales occupèrent médecins et personnel soignant durant quatre semaines aux soins intensifs puis continus de cardiologie, suivirent deux semaines de réadaptation avec une mobilité fortement réduite, une chute de quinze kilos sur la balance, réapprendre à marcher, la puissance cardiaque tombée à 25 pour cent, une insuffisance rénale de degré quatre, retour enfin à la maison avec Luisa.

Je n’ai aucun souvenir conscient au temps du coma, mon film a certainement débuté en cette période hallucinatoire, par contre je me souviens très bien de ces longues nuits sans fin aux soins continus, de l’apparition logique pour moi de cette projection, de ma présence en équation, un film qui s’est construit chaque nuit durant des semaines, se nourrissant de mon quotidien, de séquences passées, actuelles, recomposées, de personnes, actions, lieux et mémoires libérées, imbriquées.

Le tout n’est pas cohérent, peu importe la véracité, il s’est présenté ainsi, avec sa logique temporelle, celle des lieux, des personnes, des décors, des faits décrits.

L’incroyable à mon esprit, mes yeux est qu’il ne s’agit nullement d’un habituel rêve sporadique,court ou long qui s’éteint en ouvrant les yeux, oublié souvent au réveil, mais une suite programmée. Davantage un voyage permanent au long cours parsemé de miroirs intemporels, il s’allumait sitôt couché le soir, se prolongeait de même lors de mes déplacements nobturnes.

Après l’écriture je souhaitais l’intervention de l’image créatrice en double, non en complément. Je contactais un dessinateur de bandes dessinées que j’apprécie, Cosey, afin d’illustrer et juxtaposer sa créativité visuelle à ce ràcit Il m’a convaincu de poursuivre mes recherches personnelles.

Le temps a passé, j’ai perçu le nouveau miroir à poser au côté de cette histoire extraordinaire, méandres de mon être flottant entre jour et nuit.

En fait intégrer en symbiose aux mots, des photographies que je capte à la nage sous la surface de la mer de Libye depuis des années côté sud-ouest crétois. Miroirs instantanés qui surgissent d’instants furtifs de vies, couleurs et vagues mouvementées, fonds séculaires projetés avec éclats sous la surface de l’eau.

Miroirs panoramiques en dialogue de mots et visions marines , troublants à mes yeux, mon esprit.

Cette création m’enthousiasma immédiatement, deux faisceaux de miroirs fusionnés en ce voyage en apnée, avec une édition double pages de ces photographies qui baigneraiennt un livre à poser aur la tranche, double page ouverte selon ses envies.

editeurs, Diffuseurs, à vos marques

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