Salut Rôtillon

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salut rôtillon années septante

Poème et Photographies stramatakis

L’arbre défroqué par l’hiver bourgeonne. Le Rôtillon ne renaît pas, un quartier de la nuit se referme, On le referme.

Le peuple riverain a disparu depuis longtemps. La rivière aussi qui bourdonne sous le flot des voitures.

Près des fenêtres-murs quelques vieux s’incrustent, Des néons, des placards fleurissent, comme les affaires une rue plus haut.

On peut attendre. Le Soleil et la Lune bientôt seuls à l’invite d’Aristide perpétuent ces temps-là.

Elles tournent, elles tournent ruelles et maisons, les courbent s’épousent, mais de fenêtre à fenêtre nul écho ne répond.

Lueur écrue, rasante ou tamisée, tu n’éclaires que la pierre d’un escalier perdu, d’un mur râpé, d’une façade délavée. Dans la chambre peut être une lueur d’espoir.

Saison des traces et du repli l’hiver inonde de gris le vieil homme, ses murs l’encadrent à jamais. Un basset ventre à neige se hisse sur le palier avec sa solitude noyée dans la pénombre.

Le Flon déjà est bétonné, Pigeon vole, neige vole et tout s’immobilise. La vie derrière les vitres, dans les gouttières.

Alors dans la ruelle obscurcie les volets saluent le crépuscule, l’homme réverbère s’en va.

On peut attendre.

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