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stramatakis photographe et voyageur

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stramatakis, jean-jacques strahm, ses fibres du partage, des découvertes, du voyage.

l’envie de montrer ici mes passions dévorantes aux approches de la quinzaine pour moi, années cinquante, celles de partir, partir à la découverte d’autres horizons, d’autres personnes, cultures, vies, bref de connaître le monde,

j’accumulais les cartes géographiques collectées auprès des ambassades, collées non pas aux murs de ma chambre, mais au plafond afin de m’en imbiber jour et nuit. à celles-ci s’ajoutaient les livres de voyageurs, d’aventuriers, leurs films conférences diffusés en hiver dans nos salles bondées, films réalisés et commentés sur place par des disait-on explorateurs qui arpentaient ces mondes peu connus, armés d’une Bolex 16mm, puis vendaient leur bouquin à la sortie de la conférence.

Je pense aussi à cette époque où la télévision balbutiait, s’inventait, années cinquante.

une époque à laquelle je découvrais, durant la messe à l’église catholique de Sierre où j’habitais, des récits de missionnaires rentrés d’Afrique, passant de bancs en bancs les photographies de personnes de couleur, noirs bien sûr, un peu les images des bons noirs à convertir, tel était leur rôle également, nous les montrer. c’est dire que le premier noir que je croisais déambulant en cette petite ville du Valais m’a marqué.

si jeune je découvrais le monde, juste curieux et surpris. quel retour de manivelle plus tard ce passé colonial, ce fossé entre religions et réalités en de multiples facettes.

1966, premier voyage en auto stop hors du cocon, napoli, son coeur, port déconseillé

dix-sept ans, une procuration des parents en poche, soit voyager sans eux à l’étranger, premier voyage aussi avec roland, ami du collège.

un voyage empli d’aventures fantastiques, de rencontres et d’ouverture tel ce professeur qui nous a emmené chez lui à Rome pour passer la nuit mais avant descendre au resto du quartier mangé les spaghettis, monde de fellini en délire, habituel, chaleureux, si sympathique, à portée d’oeil, de bruits et d’odeurs, une serveuse qui nous balance les services sur la table, bistrot de quartier, des prostituées sur les genoux des gars plongeant leur mains en ces blouses échancrées à souhait. Que du bonheur pour nous, petits en vadrouille, guidés sans peur et sans crainte.

ainsi va la vie en des temps heureux, sans savoir oû dormir, manger, un but que l’on atteint avec bonheur sans y penser. l’envie un soir de nager dans le port de naples la nuit, étranges sensations mais tentant, les habits disrètement pliés à l’écart, nous faire tout petits dans les eaux chaudes, huilées, proches de ces monstres marins enchaînés au port, pour nous comme une impression d’attendre quelques mafiosis à l’oeuvre, insconscience, pas sûr.

L’histoire aussi du retour décidé à la minute au coeur de Pompéi, après avoir constaté que notre minimum vital és’était dissous, un solde de cinq francs en poche, donc retour modifié, immédiat, plus de Naples, notre sac avec nous direction le grand nord alpin à avaler sans manger, l’eau des fontaines pour nous abreuver. le stop durant deux jours et deux nuits consécutives, l’un de nous couché au bord de la route à tour de rôle afin de récupérer, milan parcouru à grandes enjambées vers une sortie propice à lever son pouce vers notre but encore lointain, une famille belge qui nous prend pour la traversés du grand-saint-bernard, le conducteur apeuré par les virages qui se succèdent, des pommes pas mûres en guise de hors d’oeuvre avant de retrouver les délices de nos familles. oui le voyage aiguise les appétits, ceux de nous y rebaigner, chaleurs et moiteursvdu v0yage et des humains.

pâques 1967, un goût de paris

une dizaine de jours de vacances, l’envie de découvrir paris, une possibilité de m’y rendre avec un groupe d’étudiants en bus, direct lausanne-paris.pigalle,

C’est parti et là en fin de journée, seul, une adresse d’auberge de jeunesse proche du quartier des noctambules qui commence à s’agiter. Lieu trouvé rapidement, en fait une école, nulle auberge de jeunesse ici, mais un concierge aimable nous ouvre une classe vide de chaises, à même le sol trois, quatre voyageurs surpris eux aussi par la fausse information ont accepté ce gîte propice pour une nuit, j’y resterai aussi, sac de couchage déployé.

au matin je fais connaissance de l’un de ces visiteurs, jeune australien terminant son tour du monde, au flair, en partance pour la Belgique. la Hollande. Curiosité oblige je conclus avec cet ami du moment, pourquoi pas Amsterdam, brel les parfums de son son port. cette bande asphaltée à parcourir quelques jours ensemble me plaisait.

adieu Paris, pas vraiment goûté, bonjour Belgique, dès notre entrée au pays des frites une journée à se relayer sur le pavé trempé comme nos pélerines et sans trop d’argent, partager un salami et du pain ensemble avant de trouver une auberge pas chère pour passer la nuit au chaud. Souvenir encore de cette journée, un gosse vautré tranquillement à l’arrière de la voiture, s’était retourné, nous tirant une langue de dédain, de haine en fait.

été 1967, impressions gris pastel, sur la route d’Istanbul en auto-stop

OBJECTIF partagé avec Rémy, ISTANBUL LA GRANDE INCONNUE ENTRE DEUX CONTINENTS.

DÉPART VERS L’ITALIE, refoulement en voulant passer en EX-YOUGOSLAVIE sans visa, donc retour vers un Consulat suisse, heureusement trouvé à trieste. lendemain entrée dans ce pays sans fin, au sud passé vingt quatre heures dans un carrefour à Nis, pris un train, à vapeur pour LA GRÈCE, la mer et ISTANBUL pour une semaine. RETOUR PAR LES PAYS COMMUNISTES AVEC VISAS OBLIGATOIRES, TAMPON DE CONTRÔLE POUR La NUIT PASSÉE à sofia EN BULGARIE OÙ LA PRATIQUE DE L’AUTO-STOP SEMBLAIT INCONNUE, ENFIN ROUMANIE, HONGRIE, autriche avec le danube en cadeau pout l’allemagne.

surtout l’apprentissage du lointain, de parfums exotiques, ceux du trajet à l’arrièe d’un chariot tiré par des boeufs en quittant le pont séparant la grèce de la turquie, la rencontre heureuses de deux françaises installées sur ce chaiot vers une destinée inconnue ce soir-là, village désert, une auberge désuette, un repas chaleureux, la fusion naturelle de deux nouveaux couples créés pour cette nuit de charme, une chambre démesurée en hauteur avec des papiers peints collés sur les vitres presque jusqu’au plafond, de la’utre côté de ces vitres exposées des têtes de gosses agrippés, avec ma compagne le temps d’éteindre l’unique ampoule de rêve.

Le jour suivant nos deux couples voyageront séparément et se retrouveront le soir à telle adresse, auberge de jeunesse, istanbul, simple, logique. ma compagne et moi profiteront d’un bain de mer en passant, puis de l’hospitalité rayonnante d’un jeune dans un bus qui a stoppé le chauffeur à nos gestes du pouce, offert des ciagareetes aussi.

Bienvenue en Turquie. paroles tenues, tous les quatre présents au rendez-vous.

1968, 19 ans, projeté volontaire dans le fief de Sfakia, crète

choc immédiat, le choix de vivre mes vingt ans à Sfakia. 

Pour chacun le compteur de nos vingt ans EST unique, à soi, gravé en bleu azur en nos régions privilégiées. ce compteur, ce marqueur, nous offrait une dizaine d’années d’apprentissage, surtout de choix, la vingtaine gravera ma vie. 

d’autant que les seventies profilées devaient générer une équité entre les mondes spoliés et nos consciences. un élan propulsé vers la connaissance de l’autre, hors frontières, D’ABORD CELLES DE de nos certitudes, en actes, sac et coeur en bandoulière.

Sfakia, août 1968

Une destinée logique, immédiate à mon esprit, mes yeux, jailit très vite après août en cette province de Sfakia en miettes. Pourquoi je ne sais toujours pas. Ma vie se transformait irrémédiablement.
Dix-neuf ans, la volonté farouche de retourner vivre de longs mois à Sfakia chaque année deviendra réalité entre 1971 et 1978. Vivre ses vingt ans a toujours été évident, mais vivre la durée de ce marquage unique pour chacun m’a emballé, ses vingt ans, une dizaine d’années à vivre Libre de ce choix passionné. simple, taxi la nuit en Suisse l’hiver pour ce faire.

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